L'Alambic sous les Tropiques
La Newsletter de l’Alambic - 10/08
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Arbres torturés et fleurs verdâtres |
de l’ylang |
La foire régionale de Haute Matsiatra |
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Bonjour,
Ces derniers mois ont été difficiles pour l’Alambic et pour moi. Après une pause au pays de l’ylang-ylang et une foire régionale réussie, ma meilleure secrétaire m’a laissé choir pour étudier dans la capitale. Peu après, je fus contrainte de marcher avec deux cannes pour cause de thrombose veineuse. Elle entraîna une embolie pulmonaire qui faillit bien m’expédier ad patres. Après que j’ai voulu distiller les géraniums par la racine ce fut, en octobre, un de nos bâtiments qui prit feu. Enfin, pas tout seul, car la maison du gardien, appartenant à Mamy, mon associé, fut également incendiée, quoique à bonne distanceSeule la maison de Mamy, couverte en tôles y a échappé. Il semble que le gardien se soit fait des ennemis autour d’un verre (ou plus) et que ce soit le résultat d’une vengeance. Nous avions un mois pour refaire toit et ouvertures avant la saison des pluies et pas un sou en poche !
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Avant/après !
La maison du gardien |
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Mais dès le lendemain, les gars ont taillé des manches à leurs bêches dont ils avaient trouvé les fers dans les décombres, et le travail a continue : une importante distillation de lantana, le fumier et le compost à étaler dans les champs avant la pluie, la camionnette que l’on prépare à changer de robe…
A Tana nous inaugurons, avec trois autres mousquetaires, des formations d’une demi-journée, avec vente au profit d’une association, pour faire fonctionner un centre de préparation à la vie scolaire pour les enfants de la rue (Cf liens utiles) Cette nouvelle forme de communication-vente m’oblige à des voyages plus réguliers, que je mets à profit pour contacter des artisans ; ébéniste qui créera des boites en marqueterie pour nos huiles, cornetier qui nous fera des porte-savons, fabricant de bonbons pour une nouvelle expérience… Notre gamme devrait bientôt s’enrichir de nouvelles essences : petit grain pamplemousse, niaouli viridiflorol, eucalyptus globuleux, hélycrise à tête ronde, basilic tropical… Dernière minute : Emilson nous quitte après 4 ans d'appartenance à l'Alambic. Un des seuls francophones... Bref l’Alambic sous les Tropiques vit, avec ses hauts, ses bas, ses amis et ses ennemis ! Bonnes fêtes à tous !
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TERRE D’EUCALYPTOL ET D’EUGENOL
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On a récemment peuplé Madagascar, gravement déboisée, d’eucalyptus, principalement eucalyptus robusta, sans intérêt hélas, pour la distillation. On trouve de l' eucalyptus citriodora, parfois du globulus et, plus rarement, de l’eucalyptus radiata dont l’essence, d’expérience de distillateur, n’est pas toujours aux normes requises.
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Jeune niaouli en fleurs |
Ce ne sont pourtant pas les essences d’eucalyptus qui font la richesse de Madagascar en 1,8 cinéole ou eucalyptol, mais nombre d’autres espèces ou chémotypes qui développent ce composé. A commencer par le célèbre camphrier de Chine (Cinnamomum camphora) qui adapté au sol malgache est devenu le ravintsara, une plante très riche en eucalyptol, où seules demeurent des traces de camphre. C'est pourquoi on appelle plutôt ce chémotype de son nom malgache, car camphrier ne veut plus dire grand chose ! Il y a ensuite les milliers d’hectares de niaouli (Melaleuca quinquinervia), une myrtacée comme l’eucalyptus, qui bordent le canal des Pangalanes, et dont le principal composant est encore le cinéole. On en trouve encore dans l'huile essentielle de Lantana camara, de Rhus taratana et de Psiadia altissima (dingadingana), dans le petit-grain mandarinier, et aussi dans notre romarin qui prend ici ce chémotype. |
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L’eugénol, lui est principalement représenté chez les lauracées : le girofle, la cannelle (5 huiles essentielles à eux deux), le Cinnamomum cassia, et chez un arbre d’une famille proche, les cannellacées, le Cinnamosma fragrans (mandravasarotra ou saro). Il y en a aussi, plus discret, dans l'ylang-ylang (Cananga odorata) et dans le «romba» (Ocimum gratissimum), un parent sauvage du basilic, un heureux équilibre olfactif entre ce dernier et le girofle, paré de vertus très intéressantes. Car ces deux molécules ont des propriétés reconnues, l'une étant un oxyde, stimulant de l’immunité et antiviral, l'autre un phénol, un puissant anti-infectieux, tonique et stimulant.
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Clou de girofle en formation |
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S’est-on déjà interrogé sur la propension d’une terre à engendrer telle ou telle molécule, que ce soit d’un point de vue bio-indicateur (pédologie, climatologie), ou de celui, plus controversé de « Mère Nature produit ce dont tu as besoin » ? Théorie que conforterait pourtant la présence de ces molécules dans un pays où rôdent la peste et le choléra, la typhoïde et les rages de dents . Et où l’on sait encore se servir des plantes. Une étude à entreprendre, donc, avec l’aide des distillateurs locaux dans les diverses parties du monde, et qui permettrait de privilégier un choix d’espèces à y cultiver, une projection sur des chémotypes probables qu'on y rencontrerait et que sais-je encore… |
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