L'Alambic sous les Tropiques

 

La Newsletter de l’Alambic    -    juin 2003

                                                                        

Bonjour,

« L’Alambic sous les Tropiques », vous ne connaissez pas ? Pas encore… Par contre vous me connaissez moi.

Nous nous sommes parlé ou rencontrés. Il y a quelques temps déjà, je vous ai exposé mon projet de distiller des huiles essentielles bio à Madagascar.

« L’Alambic sous les Tropiques », c’est Mamy et moi. Nous sommes associés.

 

 

Mamy a l’air tout jeune, mais il est déjà veuf et père de trois enfants. Son nom c’est Roselin Ramboarison Maminandrasana. Alors on dit Mamy…

Il a fait des études de chimie, puis s’est reconverti à l’agriculture biologique des aromatiques et est devenu le roi de la bouture !

 

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Moi, je suis Christine Renaud, et « L’Alambic… » est mon bébé. J’ai fait une formation de 4 ans à l’herboristerie et me suis passionnée pour les huiles essentielles et l’étrange alchimie de leur distillation.

Madagascar… c’est une autre histoire !

 

J’aimerai pouvoir vous dire aujourd’hui : « ça y est ! »

Pas tout à fait. Mais les choses sont en route, au rythme malgache.

Notre petite société a déjà un siège social, des statuts, mais pas encore d’existence légale. Tout se fera en temps utile. Pendant ce temps, c’est le plus important, le compost s’empile et les boutures se multiplient sur le terrain de mon associé. Nous devrions bientôt commencer la distillation de plantes sauvages avec un alambic… emprunté. Le notre n’est pas construit, faute d’un terrain où l’installer ! C’est actuellement notre principal problème. Des terrains il y en a, mais ils ne sont pas enregistrés au cadastre, où bien le vendeur s’avère ne pas en être propriétaire, ou bien le chef de village ne veut pas d’une distillerie chez lui et j’en passe…

Mamy possède un terrain, et c’est là que nous avons débuté les travaux. Mais il n’y a pas assez d’eau pour y mettre une distillerie.

Mais assez parlé de nous. Si cette lettre a pour but de vous donner de nos nouvelles, elle a également une autre ambition.

Les huiles essentielles malgaches vous sont pour la plupart déjà familières, symboles de parfums exotiques et sensuels, mais savez-vous tout des plantes qui les secrètent et des gens qui les cueillent et les extraient ?

Et puis, il y a Madagascar encore bien des plantes aromatiques que vous ne connaissez pas, et nous aimerions vous présenter. Et peut-être des usages d’huiles essentielles malgaches auxquels vous n’aviez pas pensé.

Mais d’abord découvrez notre région, le Betsileo. A bientôt…

 

Le Betsileo

 

 

Si l’on parle tradition, le Betsileo est un ancien royaume du sud des Hautes Terres. Le peuple Betsileo a un type intermédiaire entre le Merina, très asiatiques, qui entourent Tananarive et les populations des côtes, plus africaines. Les Betsileo ne se sentent pas plus d’affinité avec les « côtiers », qu’ils estiment peu civilisés, qu’avec les Merina, qui les méprisent avec l’insupportable suffisance des gens de la capitale et de l’élite culturelle. Cela s’est ressenti lors de la dernière crise politique, où, si Tananarive et les côtes avaient choisi leur camp en fonction du lieu d’origine des candidats aux présidentielles, le Betsileo, beaucoup plus divisé, a été le terrain de violents affrontements.

Les minorités chrétiennes - pour ne pas dire les sectes ! - se disputent les faveurs de la population, également très attachée aux culte des ancêtres, et à la tradition en général.

Si l’on parle administration, la Province de Fianarantsoa, capitale du Betsileo, s’étend des Hautes Terres à la côte Est, englobant une zone de forêt pluviale dont une partie constitue le parc national de Ranomafana.

Une région écologiquement très riche donc, puisqu’elle comprend une portion de côte battue par les vents de l’océan indien (et les cyclones), et où pousse tous les épices, une zone de forêt primaire où l’on trouve des endémiques aromatiques, entourée de forêt dégradée, terrain de la cannelle, du ravintsara et des cultures d’agrumes, et de la moyenne montagne, assez humide au Nord mais qui, au Sud de la province, laisse apparaître çà et là la végétation xérophyte du grand sud.

Le Betsileo est une zone essentiellement agricole. Au riz omniprésent s’ajoute la canne à sucre, en petites parcelles familiales, des « brèdes », légumes-feuilles et de nombreux légumes qui sont autant d’aromatiques : ail, oignon, carotte, poireau…

Sur la carte, Fianarantsoa se trouve au centre du cercle interne, qui représente notre zone de culture. En diamètre du second cercle, qui représente notre zone de négoce, un chemin de fer rejoint la côte Est, ainsi qu’une route au Nord de celui-ci.

Dans cette direction on tombe assez vite sur une grande plantation de thé puis sur la bande forestière, où poussent bananiers, caféiers et agrumes.

Sur la nationale 7 qui descend vers la côte (cette phrase a une résonnance familière, non ?), on longe les vignobles des Côtes de Fianar, et autres Château-..., crus locaux d’une qualité irrégulière, puis des plantations de sisal.

Une dernière chose à propos du Betsileo : c’est sans doute la plus belle région de Madagascar !

 

 

 

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